jeudi 17 mai 2012

Not now Roy !

Un album de Pink Floyd trop souvent décrié est à mon sens "The Final Cut". Au sein de ma play-list, une aimable chanson "Not now John" sans doute destiné à Terry et ses piques assassines (ici il n'est pas question des réparties grandioses de l'homme réclamant un hamburger dans un grand restaurant). La chanson continue ainsi "Not now John, we gotta get out from this" suivi d'un cœur de cheerleaders. Ci-gît le lien avec notre sujet footballistique du jour.

L'Angleterre, fameuse nation à l'unique titre de 1966, lequel n'aurait jamais dû, pour rappel, terminer en prolongations, le second but allemand ayant été assisté d'une main teutonne. Bien que je ne tienne pas les anglo-saecsens dans mon coeur, il faut savoir rétablir certaines vérités.

Revenons à la sélection actuelle, et ce fameux Final Cut opéré par Roy Hodgson, pour l'heure préféré au mannequin de cire Redknapp. Scrutons donc au meilleur de notre potentiel analytique.

 Oui, plus fort, plus viiite !

Chez les gardiens, les Red Devils eux-mêmes doivent honorer la grande saison de Joe Hart, le premier grand gardien anglais depuis Ray Clemence pour certains, David Seaman pour d'autres. Le souvenir des ultimes saisons de ce dernier le relègue au rang de "bon, mais quand même...". Derrière lui, les porteurs d'eau Green et Ruddy ne verront, espérons-le, pas l'ombre des steppes des chouans de l'Est. Carson aurait pu prétendre au bout du banc, le sélectionneur lui a aimablement accordé quelques vacances après sa longue saison à ses côtés. Butland de Birmingham est encore trop tendre, bien que réserviste.

Ministre de la Défense, oui monsieur. Avec moi, on ne passe pas !

 Le mythe de la défense anglaise arracherait un souffle au coeur au moins estimé des romantiques. A droite, l'unique spécialiste, Glen Johnson, ne m'a jamais convaincu par sa solidité. Certes, il est preste, bon centreur, mais...piètre défenseur. Un Sagna inversé en somme. Et si, Smalling...? Oui, et pourquoi pas ?! A gauche, Ashley "Cocu" Cole, (le triple "K" plaira au coupable) est supplée par Baines. Choix logiques, Ryan Bertrand étant certainement l'avenir du poste, en attendant le glas des deux premiers. J'aurais probablement placé Baines titulaire, l'homme bleu Michelin n'ayant pas réalisé une saison brillante...

Bien, les latéraux considérés, passons aux défenseurs centraux : Jones, absolument incroyable avec Man Utd cette saison, mérite sa place. De fait, il sera un jour le capitaine de cette sélection. L'absence de Steven "la cisaille" Taylor s'explique par la blessure de ce dernier durant la majeure partie de la saison. Assurément, il aurait été préférable à Terry, catastrophique ces derniers temps, et n'ayant guère progressé en terme d'intelligence hors jeu, fut-elle artificielle. Le choix de Joleon Lescott en lieu et place de son coéquipier polyvalent Micah Richards m'a énormément surpris, tant le géant a manqué de sérénité lors de ses rares titularisations sous la tunique de l'Empire. Ajoutons à cela Gary Cahill, et nous obtenons 3 défenseurs de la 7ème meilleure contention de Premier League, à égalité avec Sunderland, 13ème. Les noms de Dawson, Carragher, Ferdinand sont ronflants, certes...au temps pour moi, il est bien tard pour ces vétérans. Jagielka ? Bof.

Scott veut baballe ! Toi donner baballe à Scott ! Scott chien de garde !

Chez les 6/8, les choix de Scott Parker, meilleur joueur de la saison dernière en Premier League, et Gareth Barry, sont appréciables. Si seulement nos médians défensifs n'étaient pas uniquement des récupérateurs. L'on verra, j'en suis certain, la différence cruciale lors de l'ouverture de l'Euro. Rodwell aurait pu mériter sa chance, la saison défensive de son équipe ne l'a certainement pas aidé dans cette optique. Son temps viendra. Henderson est réserviste. Roy le Gris ne semble pas éprouver de ressentiments vis-a-vis de son ancien club...

Gerrard et Lampard ne joueront pas ensemble, assurément. Les frères ennemis ont réalisé chacun une saison médiocre à titre individuel. Je ne les crois pas capables de relever là leur ultime défi, le second m'ayant toujours davantage convaincu...pour être ridicule en 2012. Mais le vivier, à l'instar de celui du pays de Montaigne, est bien pauvre à ce poste...

Young et Milner sur les ailes, fort bien. Chamberlain, pourquoi pas, bien que Johnson ait ma préférence. Mais Downing ???

 
Roy le Gris est devenu Roy le Rouge. Simplement incroyable, tant les possibilités, de Walcott, Lennon à Cleverley semblent nombreuses. L'homme au clean sheet (0 but, 0 passe, pour le reste, il y a EuroCard MasterCard) pourtant tire les marrons du feu. Seule méthode lui permettant de provoquer une étincelle sur le terrain...

 Don't mess with me ! I'm drunk ! Again !

Il fallait une brute, un Giroud britannique, l'homme aux coudes récalcitrants Carroll fut donc tout trouvé, en remplacement, tenez-vous bien, de...Rooney. Un de moins à marquer pour Mexès. Defoe et ses 11 buts sera le titulaire probable au poste de finisseur, Welbeck étant une alternative crédible. Le petit Sturridge est le concurrent à long terme de l'anglo-ghanéen, étant sur la liste réserve.

Au final, beaucoup, beaucoup de joueurs de Liverpool compte tenu de la saison réalisée par ces derniers. Une défense de Chelsea ultra-poreuse, un créateur en fin de parcours. Mais un gardien fantastique, un relayeur de qualité et deux ailiers explosifs seront les forces anglaises face aux tricolores. Les anglais remporteront la poule à mon sens, à l'expérience. En quarts, bye bye oldies...



Ah, Tigran Vartanovich, tu nous manques...

Tigran Vartanovich, lui as-tu dispensé ta précieuse devise "Nulle, nulle et encore nulle !", pour qu'à la fin de l'envol, il toucha ? Car ce Vishy Anand solide, attendant son heure, sereinement, te rappelle à nos souvenirs... Deux hommes dans l'histoire ont su te briser, et le brave Boris n'est guère de cette trempe. Alors quand bien même le béton n'est pas titane renforcé, il suffirait d'une cage de verre pour enfermer sa créativité envolée, au fond qu'importe...Car si l'indien, tout auréolé de sa nouvelle couronne pour encore 2 ans, voit ployer tels vautours des temps jadis Carlsen et Aronian, son échine sera rompu, ils sont bien les Spassky et Fischer de notre temps. Du brillant attaquant soviétique aux nerfs fragiles à l'idole du Monde Libre, l'on perçoit l'éclat d'un renouveau éternel. Pour l'arménien, une machine froide qu'était l'URSS a laissé sa place aux combats cybernétiques, le norvégien semblant encore, contre son opposant d'une décennie Karjakin, tellement humain...Alors patientons, encore, dans ces instants étourdis que l'oubli engloutie...

Ce fut donc une Sveshnikov, l'indien disposant des blancs. Les pièces s'échangèrent, une à une, s'accouplant dans une danse qui n'avait de macabre que la paix omniprésente et le débat silencieux. Faut-il interdire les nulles ? disent les uns. Simplement les limiter dans le temps, proposent les autres, plus raisonnables, guère efficaces cependant. A mes yeux, l'identité des joueurs importe avant toute chose dans ce conflit entre ultra-combattants auto-proclamés et partisans du faux-semblant. Un match doté d'un Carlsen, Aronian, Ivanchuk ou encore Nakamura n'aurait pas connu tel déroulement. Laissons donc les individus médiocres se contenter du bois de chauffe quand viendront les flammes salvatrices. Bon, laissons ici les références bibliques et opérons à une transition toute trouvée...

Lien :  http://moscow2012.fide.com/en/

 Journée capitale hier lors du championnat des Etats-Unis, et, une fois n'est pas coutume, je commencerais par ces dames, lesquelles nous ont offertes un spectacle bien misérable. Entre Zatonskih et Krush, la guerre était promise, las, les tranchées mirent promptement fin aux velléités de la première, éliminant un à un les fantassins puis généraux ennemis. Krush, devant affronter les deux plus faibles joueuses de ce tournoi (Kats et Baginskaite) peut souffler : à tout le moins, elle sera en départages.

Chez les hommes en revanche, il faut célébrer les victoires sensationnelles de Kamsky et Nakamura, confirmant désormais qu'il y a 2 tournois, le leur et celui des autres. Face à Lenderman, d'ordinaire brillamment assisté, l'enfant soviétique effectua une partition magistrale, étouffant peu à peu avec les noirs un adversaire dangereux auquel je promettais un demi-point sur les deux géants. Et il ne l’accomplira guère devant le numéro 5 mondial...

En effet, Nakamura, dans une situation périlleuse, ne pouvant se mouvoir décemment, prit son temps, replaçant, rafistolant, échafaudant une conception splendide, enfermant les pièces blanches de Stripunsky dans un étau. Ne voulant périr étouffé, ce dernier sacrifia une Tour, en pure perte, malgré une résistance acharnée, la technique du Samouraï était tout simplement impossible à affronter.

En attendant, dans deux rondes, demain donc, l'affrontement des 2 favoris. Le trait à Kamsky...

Liens : http://www.uschesschamps.com/live pour les parties.
            www.livestream.com/uschess  pour les commentaires en anglais de Ben Finegold et       Jennifer Shahade, en direct. Attention cependant, la seconde a pour apanage un accent californien...très prononcé.




Crépuscule du tournoi Sigeman and Co de Malmö hier, avec une constatation simple : les étrangers étaient bien supérieurs aux suédois, à l'exception notable du benjamin Grandelius, lequel ne sut percer la muraille Tikkanen, pourtant en grande difficulté toute la partie. Une nulle de combat au goût amer, mais guère de regrets pour la défaite de la veille face à un Caruana expéditif devant Johnny "Kill'Em'All" Hector. L'italien l'emporte, suivi d'un Leko à moitié satisfaisant (quelques victoires, pour changer) et donc Grandelius, promesse assurée d'un nouveau bon GM suédois, fier héritier des grands Stahlberg et Andersson.

En attendant un petit compte-rendu football de la sélection anglaise, comme suggéré par certains (lesquels se reconnaîtront), portez-vous bien !

mercredi 16 mai 2012

La loi du plus fort

Comme promis, retour sur les évènements échiquéens de la veille, à commencer par le championnat du monde opposant Anand à Gelfand.

L'indien, avec les noirs, rejoua sa surprenante semi-slave, entrant dans une variante à la mode, jouée notamment à plusieurs reprises au championnat des Etats-Unis, obtenant rapidement l'égalité, chaque joueur dévorant le pion d isolé de l'autre, pour que les pièces s'échangent une par une, l'israélien insistant brièvement dans une finale Tour+Fou contre Tour+Cavalier avec structure légèrement favorable. Mes convictions demeurent : la première victoire d'Anand sonnera le glas de son adversaire, peut-être surviendra-t-elle dès demain, aujourd'hui étant jour de trêve pour les deux guerriers.

L'image s'impose pour Gregory Kaidanov, victime d'une arnaque ignoble de la part d'Alejandro Ramirez, auteur auparavant d'une brillante attaque, mais s'écroulant dans le zeitnot, devant céder la qualité, à noter la superbe défense Tg3-g8 de Kaidanov avec les noirs. La première tour était donc tombée pour Alejandro, mais il était dit qu'elle ne vient jamais seule, ainsi le débilitant a8=D suivi de l'enfilade par Ff3+ (le roi noir étant en e4, la tour précédemment en a2 prévenait son arrivée...) fit se déliter l'expression traditionnellement posée du second "vieillard" du tournoi. Son obstination dans la finale résultante Dame+Fou contre 2 pions faisait véritablement peine à voir. Les échecs sont un jeu cruel, définitivement.

Chez les leaders, Nakamura ne put briser la muraille Shulman, excellent défenseur avec un pion de moins dans une finale à matériel réduit, et doit donc partager la première place avec le champion en titre Kamsky, vainqueur "à la dure" de Stripunsky, les deux joueurs ayant eu les blancs. Il reste 4 rondes, et ils ne se sont pas encore affrontés...Lenderman pouvant jouer le rôle d'arbitre entre eux.

Dans les autres parties, Seirawan éteint bien vite les quelques flammèches offensives de Lenderman, joueur à moins de 2700 le plus impressionnant du tournoi, pour annuler solidement, Akobian technifie Hess et Robson manque d'y parvenir également face à Onischuk, dans une finale de tours avec un pion de plus.

 Parlons un peu des femmes, l'occasion de saluer à nouveau un spectacle toujours présent, imparfait, certes, mais toujours plaisant. Témoin la nulle entre Irina Krush et Rusudan Goletiani, unique résultat non décisif de la ronde, la co-favorite de l'épreuve ne s'échappant que miraculeusement après un b4 très osé. Anna Zatonskih en profite pour recoller en vainquant Irina Zenyuk, et le chemin de croix se poursuit pour Camilla Baginskaite, pourtant sensée bousculer la hiérarchie au début du tournoi. Avec 0,5 sur 6, elle ne peut que faire frémir le plancher...

Chez les vikings, la surprise du tournoi Grandelius ne peut s'interposer entre Caruana et sa victoire promise, avec les noirs la tâche était trop ardue, il faudra désormais se remobiliser pour vaincre Tikkanen, auteur d'une belle victoire contre l'hyper-préparé Li Chao, l'italien terminant son tournoi contre Johnny Hector, lequel ne devrait hélas pas peser bien lourd malgré son style très engageant, l'instinct de conservation étant annihilé par une volonté destructrice omnipotente.

Le tournoi de la Havane en l'honneur de Capablanca s'est achevée la nuit dernière, Ivanchuk l'emporte en concluant rapidement la parité face à Laznicka avec les blancs, alors que Nepomniatchi était vaincu par Dominguez. La double victoire de l'ukrainien contre le cubain aura donc pesée lourd dans la balance, ce dernier n'échouant qu'à un point. Potkin, Quezada et Laznicka terminent sous la ligne de flottaison.

Au final, les favoris (Anand, Kamsky, Zatonskih Caruana, Ivanchuk) se portent toujours aussi bien, merci pour eux. En attendant la suite, hormis pour Cuba...

mardi 15 mai 2012

La liste d'un Blanc bien bleu





 Football au menu, pour la première fois ici !


Aujourd'hui à 18h nous fut communiquée la liste préliminaire française pour l'Euro devant débuter le 8 juin prochain. Le sélectionneur Laurent Blanc ne se sera pas privé d'ajouter que certains joueurs ne faisant pas partie de cette liste pourraient être appelés par la suite. En remplacement en cas de blessure ? Non mon capitaine ? Les risques du métier, vous comprenez, le pauvre, il n'a pas eu le temps, il n'est là que depuis 2 ans, il n'est qu'humain dans cette situation de laisser s'échapper quelques prodiges par-ci par-là. Alors autant s'appuyer sur des valeurs sûres en ces temps troublés.

Sûres, admettons. De quoi, de qui, pour qui, je ne sais par où commencer. La hiérarchie des gardiens est assurément trop aisée pour être manquée, puisque même le phocéen le plus mesquin ne saurait préférer son Steve à Lloris, peut-être l'un des 10 meilleurs gardiens au monde. Le troisième portant les haltères et mettant le couvert lors des repas, quand il ne frotte pas sous la douche...cessons dès alors.

 Black, blanc, beurre !

Chez les défenseurs ? La blessure de Sagna (remercions l'aimable milieu de Norwich Bradley Johnson pour ce cadeau appréciable, obligeant le sélectionneur à préférer la compétence à l'habitude) fit de la place pour Réveillère et Debuchy. Deux bons choix, le parisien Jallet, également pressenti, me semblant un brin en-dessous, d'un point de vue de l'expérience et de la justesse défensive. Le lyonnais a ma préférence au vu de sa saison.

A gauche, Evra le traître, le poujadiste, inventant le concept brillant du syndicaliste millionnaire, a encore été sélectionné. Derrière lui, Clichy, auteur de prestations solides avec les Skyblues de City. Le petit rouquin Mathieu de Valence aurait sans doute davantage mérité sa chance que le premier nommé, vieillissant, jamais bon en équipe de France, et d'une mentalité plus détestable que jamais. Abidal, le vrai-faux latéral, est pour les amnésiques indisponibles pour tumeur récurrente (qui a dit dopage ?).

Dans l'axe ? Kaboul étant d'ors et déjà forfait, restent 4 autres joueurs : Koscielny, l'un des hommes forts d'Arsenal et sa défense de nylon raccommodé à la va-comme-je-te-pousse, pas forcément rassurant, Mexès, sur le banc à Milan depuis plusieurs matchs, mais caution technique, à l'inverse de Rami et ses chevauchées solitaires starifiées, adulé par les "Chés" (non pas les gars aux bérets, les autres). Et...et...Yanga-Mbiwa, de Montpellier. Une densité physique impressionnante, certes. Rien dans le ciboulot, c'est un joueur de football me direz-vous, là n'est pas la priorité. A mon sens, ce joueur a davantage un profil de latéral on the way to the périph' qu'autre chose. Sakho aurait largement mérité sa chance, ne serait-ce que par cohérence, ce joueur bien jeune pouvant apprendre au contact d'une telle compétition, étant déjà intégré au groupe bleu. Varane attendra encore un peu, mais sera certainement de l'aventure brésilienne.

 
 Oui, bon, tu peux faire ça ailleurs, hein.

Les 6, ou lanceurs d'ogives cramponnées destructrices de tibia (copyright Sir Van Bommel) sont donc 4. Doit-on parler d'Alou Diarra, encore sélectionné, malgré une saison misérable, sauvée par un grand match à San Siro ? Ce joueur n'a certainement pas sa place, mais sera présent en Ukraine et Pologne, aux détriments d'un Gonalons, par exemple, ou encore Toulalan, Capoue... Entre Cabaye, M'Vila et Matuidi, mon choix va vers le châtelain. le rennais étant certainement le favori du sélectionneur. Aura-t-on 3 casseurs, ou bien "seulement" 2 ? Le déménageur breton sera de l'aventure, assurément.

 Faucheuse ou cisailleur, telle est la question...

Des créateurs, Martin et Gourcuff se battent pour la palme de la saison la moins méprisable. J'ose espérer que Cabaye sera l'homme choisi en 8/10, mais Blanc tient trop aux deux précédents pour tenter un tel "coup de poker". La vente de maillots auprès des supportrices étant directement sponsorisé par le lyonnais. Nasri, cela fut clairement annoncé, sera ailier, comme en club. Qui a dit Valbuena ?!

LOL !

Les ailiers sont 6. Malouda, Nasri, Ben Arfa, Menez, Valbuena, Ribéry. Rémy étant pratiquement forfait. Un N'Zogbia aurait parfaitement pu concurrencer ceux-ci, Malouda n'étant pas au niveau depuis des années, Valbuena ne connaissant qu'un seul geste technique, le roulé-boulé, Ribéry encore auteur d'une déclaration magnifique ("Je me sens plus allemand que français"), avec les égotistes que sont Nasri et Menez (je crois encore en Ben Arfa), ce poste est le plus susceptible de provoquer un nouveau Knysna. Mais ne craignez rien braves gens, Malouda sera là, comme d'habitude...

En attaque, Benzema, l'homme qui n'aimait pas la France, est indétrônable, et Rémy blessé laisse un boulevard à Giroud sur le banc. N'exagérons rien, un milieu défensif, peut-être. Mais pas plus d'attaquants, restons sérieux. Gameiro, Cissé, Trézeguet ? Céki ceux-là ?

Je ne suis guère optimiste à l'orée de débuts dans un groupe moins faible qu'on ne voudrait le croire, pourtant je pense que la France sera seconde, derrière l'Angleterre. Aucune chance face à l'Espagne qui terminera première de son groupe ensuite. A moins que la magie des hommes de gauche...

Mouais, bon, pas trop quand même hein.
 
Dès demain, les échecs reprennent leur droit avec le championnat des Etats-Unis, le championnat du monde, le Sigeman and Co principalement ! 

lundi 14 mai 2012

Penseurs et lutteurs


Après 2 nulles au goût de victoires pour Boris Gelfand, lequel a obtenu tout d'abord une égalité confortable avec sa surprise grunfeldienne avec les noirs avant d'exercer une légère pression sur le champion du monde indien (le temps d'un souffle, cependant, les pièces s'étant échangées prestement), est venue cette 3ème partie fascinante, premier véritable combat de ce match, à l'avantage d'Anand durant le majeur développement de la joute.

A ce propos, puisqu'il m'est venu d'en discourir récemment avec quelques collègues de Nationale 2, j'affirme que Gelfand ne pourra qu'endormir le Tigre de Madras, et jamais le briser, ne serait-ce qu'une seule fois. En effet, à l'exception d'une partie à l'aveugle, l'israélien n'a pas triomphé de l'indien depuis 1996. Comment penser qu'un joueur alors au faîte de sa gloire et n'ayant pu la valoriser puisse renverser le vainqueur de lutteurs autrement plus chevronnés que sont Kramnik et Topalov ? 16 ans, une éternité, et les 2 belligérants se sont rencontrés à bien des reprises durant cette période...

En conséquence, je prédis, vaille que vaille, prédicateur exalté pour bouffon de fête foraine, une victoire nette de 2 voire 3 points pour Anand, dont au moins une victoire avec les noirs. Mes références ? Kramnik, Aronian et Topalov ont tous mordu la poussière par le contre. Assurément, le second aurait été avec Carlsen le véritable défi du quarantenaire au style "champion du monde" : complet, calme, mais apte à se transcender et à prendre des risques lorsque cela s'avère nécessaire. Hors, je doute sincèrement qu'il en soit ainsi dans ce match. Quand bien même l'égalité ne serait pas rompu au crépuscule des 12 parties, l'indien est un formidable joueur de rapide, bien qu'en perte de vitesse, là où Gelfand ne peut plus progresser, et est indubitablement en-dessous.
Cette partie m'a-t-elle donc renforcé dans ces convictions ? Certes oui ! Au sortir de l'ouverture, une position complexe, le sacrifice de pion de Gelfand étant compensé par une certaine activité de ces pièces et un retard de développement de leurs homologues nacrées. Pourtant, la partie avançant, elles purent s'échanger, pour que ne demeurent que 2 paires de tours. C'est à cet instant, entre tout autre, qu'à mon sens Anand s'est fourvoyé. Plutôt qu'inclure le crucial Te7+ avant de rapatrier le roi en b1, il exécuta ce coup en premier lieu, en conséquence Gelfand put s'échapper en g6 et sauver une nulle au terme de laquelle le joueur en premier ne pouvait masquer son dépit.



Par-delà le déroulement de cette unique partie, il convient de percevoir l'attitude des joueurs et la physionomie de leurs avantages : Gelfand, lutteur acharné, a révélé sa relative insuffisance lorsque, les pièces s'échangeant, il dut prendre le jeu à son compte dans les deux premiers défis, là où Anand fit précisément la différence dans ce domaine, bien que non récompensé cette fois. Je crois que ce dernier le sera bientôt, très bientôt, peut-être dès demain, le lutteur, pour m'opposer à Lasker, ne battra pas le penseur. Pas aujourd'hui. Ni jamais, concernant ces deux hommes.



Le jour de repos étant signé dans le championnat des Etats-Unis, il me faut saluer comme l'a fait John Donaldson hier la performance des vétérans que sont Gregory Kaïdanov et Yasser Seirawan. Le premier, dans un style fougueux de jeune candidat-maître ayant tout à prouver, a joué de nombreuses parties fascinantes, bien que défait hier par Hess et son sacrifice de dame pour trois pièces, brillamment pensé et exécuté, bien que le satyre Houdini affirme apercevoir un gain plus aisé, ou plus bref. Le penseur, là encore, a ma préférence.
Seirawan, quant à lui, a calmement, patiemment, fait parler son expérience et sa technique impressionnante pour triompher de l'étoile Robson. Ce dernier doit clairement encore progresser dans ce domaine, car la tactique ne peut suffire à ce niveau lorsqu'il s'agit de défendre de telles positions légèrement inférieures. Gageons que la maturité échiquéenne n'est qu'une extension de son équivalent post-pubère.

Parlons maintenant de Nakamura, déçu de son tournoi, malgré sa place de leader solitaire devant Kamsky, et une absence totale de danger lors de ses parties. L'occasion d'une bonne humeur partagée lors de sa répartie cinglante à la question concernant sa maladie : "Pas de problème, je me drogue !"
Sa nulle solide face à Akobian, tout comme les autres parties, ne méritent pas davantage de commentaires, comme le confessait Ramirez après son nettoyage de la position face à Onischuk.

Chez les femmes, si le spectacle est au rendez-vous, cela est principalement dû à un niveau faible, très faible parfois, incitant à des attaques spéculatives, des concepts stratégiques étranges, lors de combats auparavant parfaitement sains et respectables. Agréable aux yeux, guère aux autres sens.



Un autre grand tournoi fermé tient place à Malmö, le fameux Sigeman and Co. Caruana tient pour l'heure la corde, bien qu'une partie décisive aujourd'hui, et pour l'heure encore en cours, l'oppose au chinois Li Chao B (appelé ainsi pour des besoins administratifs, ah l'homme qui valait 1,4 milliard...). La nulle semble le résultat le plus probable cependant, cela représenterait un excellent résultat pour l'italien avec les noirs.

Ce tournoi est l'occasion de rappeler le style parfois grotesque de ces glorieux vikings. Brillant lors de la première ronde face à Tikkanen, Johnny "kamikaze" Hector eut droit à son lot de bois vert face à Berg, et devrait s'incliner logiquement face à Grandelius ce jour. Il pourra du moins s'esclaffer en apercevant son bourreau précédent ridicule face à son unique victime, ayant sacrifié toutes ses pièces pour se rappeler alors qu'il n'en dispose plus, et que dame et cavalier face à une armée noire au complet ne peuvent faire le poids. Etrange de la part de Berg, fleuron de la nouvelle génération suédoise, notamment auteur d'une victoire superbe face à Maxime Vachier-Lagrave à Gibraltar, et ayant récolté la moitié des points avant cette partie. PDM, dirons les connaisseurs.
Grandelius, lui, va passer aisément à +2, vainquant Berg et Hector, annulant les autres. Il lui restera à affronter Tikkanen et Caruana pour, qui sait, la victoire finale ?

Genèse

Parce que toute aventure collective nécessite la volonté d'un idéaliste et celles de compagnons prêts à le conseiller, le flatter, le critiquer (bon oubliez celui-ci, ou je vous bannie !:)), celle présente en ces lieux débute aujourd'hui et maintenant. Et donc, présentons ChessBallGoal.
ChessBallGoal, qu'est-ce donc ? Un mélange d'analyse, réactions, oppositions de style, de pensée, dans ces deux domaines m'étant particulièrement tendres que sont le football (n'étant malheureusement pas au fait des exploits de Recife, Santos, Flamengo ou encore Boca Juniors, je me fixerais principalement sur les compétitions se tenant en Europe, à commencer par l'Euro débutant le 8 juin) et les échecs (ici, cependant, le championnat du monde entre Anand et Gelfand, le championnat des Etats-Unis entre autres, seront abordés prestement). Un partage de points de vue, de richesses mutuelles tactiques, philosophiques, et, qui sait, métaphysiques.
Bienvenue à vous lecteurs invisibles et, espéré-je, présents hors ma seule imagination. Est brisé le temps des palabres mondaines, au nom d'authentiques débats de fond. En attendant le jour de gloire, aux lendemains de l'élection présidentielle (notons par ailleurs que jamais l'équipe de France n'a été aussi vaillante que gouvernée par la gauche. Coïncidence ? Sans doute, la fierté nationale n'étant guère inspirée chez les footballeurs par le partage des richesses...).
Les noirs appuient sur la pendule et les blancs jouent !